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Petit Piment ou la Mystique de l'Existence

Publié le par Nathasha Pemba

Alain Mabanckou est un écrivain français et congolais. Auteur de plusieurs œuvres littéraires et récipiendaire de plusieurs prix dans le même domaine, il enseigne la littérature francophone à l’université de Californie Los Angeles. Depuis 2015 il a été nommé Titulaire de la chaire de Création artistique au Collège de France. Petit piment, son tout dernier roman était en lice du prix Goncourt.

À travers le roman Petit Piment, l’auteur communique au sujet d’une question. Celle de la société pensée à travers diverses réalités: la Révolution, la crainte de la démocratie, la misère sociale, la mémoire, l’identité, le féminisme, la gestion du pouvoir, le visage du père, l’ethnisme, l’enfance, l’altérité…à travers des personnalités aussi diverses les unes que les autres. C’est donc un roman à plusieurs thématiques, mais qui tourne, in fine, autour d’une seule question : celle de la place, de l’engagement et de l’impact du "Sujet" dans le monde. Petit Piment, un orphelin est personnage principal du roman.

Si "Petit piment" est une expression ou disons un nom qui ne peut pas, de prime abord, renvoyer à ce qu’il incarne, puisque très culturel et contextuel, la métaphysique du nom qui est l’une des dimensions qui a le plus retenu mon attention dans cette œuvre m’a fait comprendre que ce nom évoque une mission et une responsabilité. Dans la culture congolaise la caractéristique de "petit piment" est celle d’être puissante et/ou méchante. De piquer ou de chauffer comme une femme jalouse, selon certains adages. De cette approche de définition, "Petit piment" pourrait être vu comme le méchant, le rebelle ou le résistant. Celui-là dont les poils se hérissent au contact de tout ce qui devient inhumain. Ou bien celui-là qui porte en lui le paradoxe de l’attrait et de la répulsion. Il attire parce qu'il fait du bien et il énerve parce qu'il n'est pas hypocrite. Ceux qui sont habitués à la culture congolaise savent que "Petit piment" est une expression bien improbable en ce qu’elle pose le contraste existant entre l’apparence et la réalité. Bref on dit d’une personne qu’elle est un "petit piment" lorsque sa violence (ou sa méchanceté voire colère) contraste avec son apparence.

De quoi parle Petit-Piment ?

L’histoire commence par un cadre : l’orphelinat de Loango. Si chaque humain a une histoire, chaque orphelin, en fonction de son humanité et de son appartenance au monde a aussi une histoire. Une histoire banale ou fatale pour chacun d’entre eux. Une chose est sûre: ils n’aiment même pas en parler. Pourtant ce n'est jamais une histoire commune, mais une histoire singulière parce que chacun n’est jamais l’autre. Tout homme est une histoire sacrée, chante l'hymne.

De Moïse qui deviendra "Petit Piment" on ne sait rien. Sinon qu’il a été baptisé par papa Moupelo, le prêtre de l’orphelinat.

Nous sommes dans une société où être orphelin signifie tout pour l'orphelin, car être orphelin donne le pouvoir presque, à tout le monde, de lui donner un nom ou de décider de sa vie. Des amis de Petit Piment, on ne sait pas non plus grand chose, sauf de Bonaventure qui, d’un point de vue familial, n’est pas orphelin, mais que les réalités sociales ont choisi de rendre orphelin à travers la démission de ses géniteurs. Finalement dans un tel milieu chaque orphelin devient frère de chacun puisque, unis par le destin de l'abandon.

Il règne dans cet orphelinat à la fois un climat de confiance et de méfiance comme partout où bat un coeur. Confiance entre les plus timides et les plus peureux. Méfiance entre et envers les plus revanchards. Comme dans la plupart des milieux à tendance « communautaristes et cloisonnés», chacun essaie de marquer son territoire. Certains se donnent des noms. D’autres deviennent des Leaders d’opinions ou de groupe. Gangtérisme, brimades et vols ne sont jamais loin. Mais la solidarité dans le bien comme dans le mal reste le maître mot.

L'exemple de Petit Piment nous montre qu'un orphelin n’est pas dénué d’affection. Il en revendique autant qu'il en donne. C’est quelqu’un qui s’attache et, parfois il devient possessif parce qu'il ne veut pas perdre un amour qu'il n'a jamais connu. Le premier à en subir les frais sera Papa Moupelo que les orphelins regretteront toujours parce que lui au moins les traitaient réellement comme des humains. Il y aura aussi Niangui que Petit Piment considérera au fond de son coeur comme sa maman.

C’est finalement à partir du départ de papa Moupelo que l’itinéraire de Petit Piment et de certains autres enfants, déjà difficile va emprunter une direction quasi chaotique.

C’est la Révolution. Tout est nationalisé. Le socialisme scientifique sous des airs de communisme s’impose. Désormais ce n’est plus la chorale ni Dieu qui est au centre, mais l’Union de la jeunesse socialiste, le parti unique et Dieudonné Ngouloumoumako présentifiant le président de la République, le maître des maîtres.

La suite nous révèle que Petit Piment va finir par se sauver avec l’aide de quelques amis récalcitrants pour rejoindre la ville de Pointe-Noire. Ce sera alors le début d’une histoire digne d’une existence dans l’état de nature à la manière de Thomas Hobbes. Un lieu de la "guerre de tous contre tous" où le conflit demeure permanent et où la loi devient l'apanage du plus fort. Ce, jusqu’à ce que Petit Piment rencontre Maman Fiat 500, une Prostituée professionnelle, qui finalement, lui servira de bouée de sauvetage.

Imparfaite certes, cette femme deviendra sa seule famille jusqu’à la séparation, due aux manipulations bassement politiciennes. Elle sera rapatriée vers son pays le Zaïre. Petit Piment perdra alors la raison ou feindra de la perdre jusqu’au crime qu’il commettra probablement ou non, pour non seulement venger Maman Fiat 500 mais aussi et certainement pour redémarrer une nouvelle existence.

Le parcours de Petit Piment est un parcours particulier parce que Petit Piment est particulier. Il est particulier au sens où il n’est pas comme tout le monde de la manière dont tout le monde n’est jamais comme tout le monde. Ce qu’on lit de lui le révèle. Les misères lui ont ouvert les yeux sur un certain nombre de réalités humaines.

Mon point de vue.

Le roman d’Alain Mabanckou, au-delà de la fiction et de l’humour qui reste très présent de la première à la dernière ligne, soulève à mon sens, certaines questions fondamentales propres à notre époque. En tout premier lieu il y a la métaphysique du nom accolée à la mystique de l’existence qui entretient un lien avec le récit.

Petit Piment est un personnage éponyme qui donne son nom à l'oeuvre. Le nom apparaît ici comme un symbole de la motivation. Cependant s'il désigne, il signifie aussi, puisque la coïncidence est patente entre Petit Piment, Moïse et son attitude. Il dit son nom et le traduit de manière formidable.

Au commencement est le nom ! Telle est la première chose qui retient l’attention du lecteur lorsqu’il ouvre la première page du roman : Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko (« Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres », en lingala).

Toutefois, ce nom qu’on résumera par Moïse dira tout de cette mission, pas forcément à la manière de Moïse le libérateur d’Israël, mais parce que durant son parcours Petit Piment incarnera celui qui est au service de l’autre, même dans ses folies les plus ultimes. Sauveur, il va l’être à sa manière, quitte à ôter la vie du méchant pour sauver le faible, comme l’a d’ailleurs fait le Moïse de la Bible avec le garde Égyptien qui maltraitait ses frères. Petit Piment est humain et son nom donnera sens à son existence.

Seulement, il n’y a pas que Petit Piment, il y a bien d’autres noms comme Boumba Moutaka et Ngékéna Sonivé qui révèlent quelque chose de cette perte de valeurs que va caractériser la liquidation de la religion.

En second lieu il y a ce que le professeur philosophe Charles Zacharie Bowao appelle « l’imposture ethnocentriste »[1]. En  effet, la question du pouvoir ethnicisé est très présente dans le livre de Mabanckou.

Ce que dénonce l'auteur de Petit Piment. En effet l’ethnisme (ou ethnicisme) qu’on appelle couramment le tribalisme a un nom dans Petit Piment : Dieudonné Ngouloumoumako qui, une fois nommé directeur fait de l’administration un petit territoire privé en nommant les membres de son ethnie et de sa famille à tous les postes.

Pourtant le paradoxe est de taille puisqu’on a en face de nous un tyran qui bien que tyrannisant son entourage est lui-même aussi victime de la tyrannie ethnique et de la tyrannie de l'apparence qui l’obligent à caser chaque membre de son ethnie et à porter un masque qui le dénature.

Nous notons que cette instrumentalisation ethnique est d'une actualité inavouable encore de nos jours. S’il y a au Congo une dimension identitaire qui est merveilleusement manipulée par la sphère politique c’est bien l’ethnie. Au Congo les gens sont originaires du Sud et du Nord. On entendra difficilement un congolais dire qu'il est de l’Ouest, du Centre ou de l’Est. Cette catégorisation traduit une manière d’être qui s’est traduite à travers des discours diviseurs. Les Laris sont comme ceci, les Mbochis sont comme cela et les Bembé sont de telle autre façon.

Les dernières élections au Congo ont démontré que la majorité des  congolais restent encore très ancrés dans cet esprit même si plusieurs efforts ont été constatés notamment dans les grandes métropoles. Il a fallu émietter les voix en présentant un candidat dans chaque coin d’où il était originaire. Cela a bien marché dans un certain cas, notamment à l’intérieur du pays. Or imposer cet esprit de division c’est stigmatiser l’autre. Stigmatiser l’autre c’est tuer la possibilité de l’altérité. D’où arrêter cette possibilité implique la mort de la société. C’est ce qui va se manifester à travers les actes Xénophobes de François Makélé, maire de Pointe-Noire qui expulsera toutes les prostituées étrangères pour des ambitions électoralistes, plongeant ainsi Petit piment dans un trouble psychologique, affectif et mental sans précédent.

Petit piment ! Quel homme ! Ou plutôt quel enfant ! Pardon quel personnage !

C’est ce que l’on se dit en refermant la dernière page du roman d’Alain Mabanckou. Mais pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit ! Petit piment incarne un nom, une histoire, un destin, un corps, une vie, une possibilité ! Bref une existence. L’œuvre de Mabanckou nous fait entrer dans un mélange d’humour, de vérité, de réalités et de perspectives. Le livre en lui-même est plein de vie. Mais pas seulement ! Il est Vivant. Parce que ponctuant au milieu de la naissance, des rencontres, des espoirs, des joies, des tristesses et des déceptions. Parfois la lectrice, que je suis, s’est posée la question de savoir quelles tactiques il me fallait pour sortir Petit piment du texte, le placer sur une chaise, le saisir et scruter le fond de sa pensée. C’est ce qui à un certain moment fait que l’on se mette dans la peau de l’auteur pour ressortir le fond de sa pensée. Exercice vain, car personne ne peut savoir ce qui a conduit un auteur à écrire un livre sur un thème précis. Ce que peut le lecteur, c’est ressortir une ou des attitudes parmi lesquels on peut ou ne pas trouver le fil déclencher de l’auteur. C’est ce qui, me semble, devrait inviter à l’humilité de la critique ou à la critique prudentielle qui pourrait conduire à taxer un auteur de manque de talent ou de nul en quelque sorte. Cette critique prudentielle, à mon sens, invite à l’objectivité.

Dois-je conclure ?

À chaque fois que je lis un livre, disons une œuvre fictive, j’aime à exercer ma liberté de penser et d’écrire pour mieux comprendre les contours de l’œuvre que je lis. C’est pour cela que je ne me définis pas comme Critique Littéraire, consciente qu’il y a des gens spécifiquement rodés pour ce genre d'exercices. Ai-je écrit une chronique ? Je n’en sais pas trop. Un peu anarchiste dans l’âme, je ne m’accommode pas facilement des méthodes toutes faites. Je lis et si cela me plaît j’écris mon ressenti. Après avoir fait trois lectures de Petit Piment, j’ai décidé de partager mon ressenti sur ce joyau littéraire qui vogue entre la fiction et la réalité. Fiction parce que Petit piment en vrai n’existe nulle part. Réalité parce qu’il y a plein de "Petit Piment" qui traînent dans le monde. Ces "Petit Piment" qui ont osé. Ces "Petit Piment" qui dénoncent des abus associés à toute forme d’idéologie politique et à toute forme de pouvoir avilissant : despotes éclairés, tyran aveugles, religion, génocide. Ces "Petit Piment" là qui attendent leur moment. Chez eux, enfermé ou simplement dans la pensée, lieu par excellence de l'exercice de la liberté.

Originaire de Pointe-Noire et ayant des racines à Diosso et à Loango, lorsque je lis la fin de Petit-Piment je ne peux m’empêcher de penser à ce fou (vrai ou faux fou ?) qui un jour avait décidé de déposséder de sa tête la statuette de la Vierge-Marie du Séminaire Notre-Dame de Loango par un coup de machette au cou. Je ne peux m’empêcher de penser à toutes ses personnes victimes de folies qu’on rencontre dans les rues de Pointe-Noire et qui vous débitent un français que vous n’avez jamais entendu nulle part auparavant. Je pense à tous ces enfants que l’on abandonne devant les Églises ou les couvents. Et qu’on baptise sans leur demander leur avis. Je pense à tous ces Moïse qui en grandissant reviennent à la question « Qui suis-je ? » ou encore « Suis-je un bâtard ? ».

D’un point de vue Mystique, Petit piment est bien réel, car il est le lieu du dévoilement progressif de notre « être au monde ». Mais Petit Piment est aussi réel parce que volontairement ou peut-être involontairement l’auteur a choisi Loango, un site chargé de sens, parce que lieu de la mémoire et donc de la Vie.

À qui, finalement, s’adresse ce livre d’Alain Mabanckou ?

Aux congolais ? Aux Africains ? Au monde entier ? Toujours est-il que les questions que pose l’auteur sont des questions qui concernent la nature humaine dans sa globalité. Où que l’on se trouve. À Bali, en Chine, au Congo, en France, au Canada et aux USA. Si tout humain est un rebelle dans l’âme, nous nous risquons donc à dire, dans l’optique de ce roman, que tout humain est peut-être un "Petit Piment" qui s’ignore. Une sorte d’angoissé toujours en berne et prêt à la révolte. De ce fait tout le monde peut lire Petit Piment. C’est peut-être ce qui en fait la particularité tant le style est fluide. Aussi bien l’élève du CM2 que le professeur agrégé de Philosophie. Petit Piment peut se lire autant dans le bus, au réveil ou au Coucher qu’au Collège de France.

Toutefois si une question me trottine après avoir lu ce roman c’est celle de savoir pourquoi Alain Mabanckou choisit l’univers infantile pour dire des choses sérieuses, des choses très pertinentes ? C’est peut-être parce que l’univers des enfants c’est ce qu’il y a de plus innocent ? C’est peut-être parce que dans le langage des enfants les choses se disent sans fioritures ?

En refermant ce livre je suis restée avec cet impératif catégorique du philosophe Hans Jonas dans la tête : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre » et « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une telle vie ». C’est le cœur du principe responsabilité qui incombe à tous. Toute politique doit être porteuse de responsabilité pas seulement pour aujourd'hui mais aussi pour l'avenir car tant qu'il y a de la vie, il faut de la responsabilité. Tel me semble être le message de Petit Piment.

 

Nathasha Pemba

Références de l'oeuvre,

Alain Mabanckou, Petit Piment, Paris, Seuil, 2015.

ISBN 978-2-02-112509-2

[1] Charles Zacharie Bowao, L’imposture ethnocentriste, Brazzaville, Hemar, 2014.

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Amitié et Vérité

Publié le par Nathasha Pemba

"Platon m’est cher, mais la vérité me l’est encore davantage" écrit Aristote dans "Ethique à Nicomaque" et " Politique". Être ami de…est une bonne chose, mais être ami de la vérité l'est encore davantage. Ce qui s'oppose radicalement à "Magister dixit" ou "Amicus meus dixit" (le maître a dit ou mon ami m'a dit).

Est-ce que parce que le maître a dit que même s'il faut mentir je dois mentir ? Est-ce parce que c'est mon ami qui a dit que je dois violer les droits humains et tuer, je dois l'exécuter ? Discernement oblige. Sans devenir le radical ennemi du maître ou de l'ami l'on doit pouvoir faire appel à son bon sens. Ainsi sans contredire Platon son maître et son ami, Aristote qui fut son élève disait-il "j'aime Platon, mais j'aime encore plus la Vérité".

Quelques siècles plus tard, le Cardinal Malula écrira "Je préfère être crucifié pour la vérité que de crucifier la vérité". La suite sur sa vie en témoigne. En choisissant la Vérité, il a subi le martyr comme à la croix. Il est mort en exil pour avoir refusé de trahir la Vérité et se mettre au service d'un maître de ce monde.

Dans un monde qui tend de plus en plus en plus à se collectiviser, choisir la Vérité peut paraître aberrant ou faire de nous un traître, un démissionnaire, un méchant. Bref un individualiste sans coeur. C'est normal tout ça! Ça semble humain! Mais avoir le privilège de choisir la Vérité c'est accepter d'être en paix avec soi-même, parce qu'être en paix avec soi-même est le tremplin nécessaire pour être en paix avec les autres. C'est un combat difficile mais Hugo ne disait-il pas que "ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent ?". La lutte n'est pas que physique. Il ne faut jamais l'oublier. Tous les jours l'humain lutte avec les idées, les siens, les ennemis et les amis. C'est la lutte.

En somme dire qu'on aime la Vérité plus qu'un ami ou un maître devrait réjouir notre ami ou notre maître parce qu'il gardera au moins la certitude d'avoir en face de lui un Ami et un disciple plein de bon sens, car par exemple dans le cas de Platon, il enseigne lui-même à préférer la Vérité à quelque sentiment: "un homme ne mérite pas qu'on fasse cas de lui plus que de la Vérité" (République, Livre X).

Il n'y a pas d'amitié sans conséquences.

Nathasha Pemba

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Publié dans Rencontres

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