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Bien tard je t'ai aimée, Augustin d'Hiponne

Publié le par Pénélope M.

Voici un texte de saint Augustin…Il est d'une profondeur inénarrable…d'une largeur inestimable…d'une beauté indicible et époustouflante…Un classique…simplement intemporel et illimité...

Bien tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais ! Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ; elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant, si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ; j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

Quand j’aurai adhéré à toi de tout moi-même, nulle part il n’y aura pour moi douleur et labeur, et vivante sera ma vie toute pleine de toi. Mais maintenant, puisque tu allèges celui que tu remplis, n’étant pas rempli de toi je suis un poids pour moi. Il y a lutte entre mes joies dignes de larmes et les tristesses dignes de joie ; et de quel côté se tient la victoire, je ne sais. Il y a lutte entre mes tristesses mauvaises et les bonnes joies ; et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.

Ah ! malheureux ! Seigneur, aie pitié de moi. Ah ! malheureux ! voici mes blessures, je ne les cache pas : tu es médecin, je suis malade ; tu es miséricorde, je suis misère. N’est-elle pas une épreuve, la vie humaine sur la terre ? […] Et mon espérance est tout entière uniquement dans la grandeur immense de ta miséricorde. Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux. […] Ô amour qui toujours brûles et jamais ne t’éteins, ô charité, mon Dieu, embrase-moi !

Saint Augustin : Confessions, X, 27, 38-29, 40 BA 14, p. 209-213.

Publié dans visions du monde

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1- L'amour est-il la clé? Une relecture de quelques textes de Frédéric François.

Publié le par Pénélope M.

Aujourd'hui je ne parle pas d'un livre…mais d'un texte de Frédéric François.

J'écoute beaucoup ce que chante Frédéric François. Depuis plus de vingt ans, je ne me lasse pas de l'écouter…Et s'il y a une constante chez lui, c'est cette force que l'on retrouve dans les mots qui émergent de son coeur. Frédéric François ne chante pas exclusivement l'amour charnel. Et c'est ce qui est particulier chez lui. Pour lui l'amour est un grand sentiment, le plus grand, le plus fort…L'amour traverse la nature de l'homme et fait se tenir le monde entier. Quand je l'écoute par exemple chanter "Et si l'amour était la clé", je m'incline devant son génie et je considère que ce texte est l'un des plus beau, des plus vrais de sa carrière.

Quelques fois le temps passe, on rencontre des nouvelles personnes, on garde de bons souvenirs,…on est parfois déçu…on déçoit aussi les autres, mais il y a toujours comme cette lueur qui reste…celle qui ne part pas. Celle qui, finalement, fait que si une autre personne arrive, on ose faire confiance parce qu'on ressent quelque chose et parce qu'on pense que quelque chose est toujours possible, parce qu'en fait, l'amour est tout…parce qu'on ne peut pas vivre sans amour.

"Tendre la main, Ça ne veut pas dire mendier,

Pour ceux qui n'ont rien, Ça signifie fraternité Au cours d'une vie, La chance peut passer à côté Chacun a besoin de chacun, Dans ce monde déboussolé"

Après ce premier couplet, il s'interroge:

"Et si l'amour était la clé Du futur de l'humanité Du bonheur tant recherché (…) Le message qu'il nous a laissé Le chemin à retrouver Pour que le monde puisse exister?" Frédéric François rejoint, comme beaucoup d'auteurs, la vérité de la loi divine: celle de l'amour. Il va au-delà de l'idée restreinte que les gens se font de l'amour aujourd'hui. Pour lui, bien au-delà du charnel ou de l'attirance corporelle, l'amour a une grande mission: changer le visage de la terre. Mais aimer ne se limite pas aux mots. Aimer est tout un engagement qui implique une attitude. En un mot pour Frédéric François, l'amour ne juge pas, l'amour va toujours vers l'autre. L'amour est un chemin de dignité...

Écoutons-le: "Prendre le temps Les écouter sans juger Pour les oubliés C'est retrouver la diginité Lorsque tout bascule Vers qui ou vers quoi se tourner Personne n'a le temps pour personne Dans ce monde désemparé"

En définitive, Frédéric François nous invite à comprendre que l'amour est la Clé de l'existence. Peut-être que si on s'aimait un peu plus le monde n'irait pas si mal?

N.P

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J’ai lu la trilogie Fifty Shades d’El James. Je n’ai pas regardé le film.

Publié le par Pénélope M.

Le premier jour j’ai lu 186 pages. C’était Cinquante nuances de Grey. Le premier tome. J’ai aimé. Beaucoup aimé… Et tout de même, un peu intriguée par la personnalité de Christian. J’ai toujours été attirée par les personnalités un peu particulières, les personnalités pas très communes. Celles qui questionnent leur entourage…

La première idée qui peut venir en tête c’est de dire « Cet homme est malade ». C’est vrai. Certains perfectionnismes et certaines obsessions du Contrôle peuvent paraître anormaux à plus d’un titre. Et aux yeux de la lectrice que je suis, entrer et percer le mystère de la personnalité de Grey est apparu comme l’un des buts de ma lecture. Au début, de manière assez classique, on nous présente une fille, ordinaire parmi les ordinaires. Peu consciente de sa beauté et de son effet sur les hommes qu’elle rencontre. Négligente. De temps en temps, quand elle veut sortir, elle emprunte une robe à sa meilleure amie Kate. C’est cette même Kate qui va la sauver, car c’est grâce à elle qu’elle rencontrera Grey. Pour moi, Anastasia est une fille classique.

Ana c'est le genre de fille qui rêve souvent de se retrouver dans les bras d’un homme bien. Mais surtout un homme qu'elle aime et qui l'aime et la respecte. Elle m'a un peu fait penser à Vivian Ward (Julia Roberts) dans Pretty Woman. Une prostituée qui tombe sur un riche. Un protecteur. Qui finalement voudra ne plus la lâcher parce qu’amoureux. Sauf qu’à la différence, chez Anna, elle est intellectuelle et intelligente. Elle n'est pas prostituée et n'a jamais connu d'hommes de sa vie. Elle vient de finir sa licence. Et Christian est immensément riche. Un fou du sexe qui aime vivre et faire votre des sensations hors du commun. Ana a encore ses parents qui ne sont pas dans l’indigence, ni très riche non plus. Une famille normale en somme. Elle n’a pas besoin de se prostituer pour vivre.

Une semaine plus tard, j’ai lu 496 pages. Dans le train pour Toulouse. C’était passionnant. Certains diraient très érotique. Je ne sais pas trop. Mais moi c’est l’intensité de cette relation qui m’a beaucoup interrogée. Les gens qui s’aiment de manière intense peuvent faire beaucoup de choses ensemble, quoique le fait que Christian ait proposé à Anastasia de signer un contrat puisse paraître intéressant. Mais dès le début, on sait qu’il est amoureux. Il lui permet certaines choses. Des choses qu’il n’a certainement jamais fait avec ses soumises. Il se livre un peu. Parle de sa famille. Cela est déjà le signe d’une réciprocité et d’une égalité. Ce qui reste en dehors des relations que peuvent avoir un maître et sa soumise. Dans la relation de maître et soumis, le soumis n’a pas voix au chapitre. Il est soumis. Point barre.

La semaine qui a suivi j’ai lu les deux autres tomes : Cinquante nuances plus sombres et Cinquante nuances plus claires.

Pour moi, ce roman est une hymne à l’amour… à l’amour qui peut soulever des montagnes… à l’amour qui peut transformer des gens…

Tome 1- Cinquante nuances de Grey.

Le premier regard. Christian est sous le charme. Il refuse de l’admettre. Il ne croit pas en l’amour. Avec un passé lourd passant de peu d’amour à beaucoup d’amour, il a toujours du mal à croire en l’amour. C’est un enfant qui avait été adopté à l’âge de quatre ans. Mais qui garde des souvenirs, pas heureux, de sa défunte mère « une pute camée » et de l’ami de celle-ci qui utilisait le corps de Christian comme si c’était son cendrier.

La première rencontre avec Ana bouleverse sa vie. Il ne le montre pas. Il veut en faire une soumise. Ana aussi est sous le charme. Mais elle va devoir affronter tous les démons de Christian : il a des penchants érotiques assez particuliers. Elle va entrer dans la danse. Elle va vite se lasser, car pour elle l’amour n’est pas synonyme d’esclavagisme. Il y a des choses qu’on fait parce qu’on aime, mais il y a toujours des limites. C’est ce qui permet l’épanouissement dans et de l’amour. Elle va partir.

Tome 2-Cinquante nuances plus sombres

Ana passe cinq jours sans Christian. Cela paraît une éternité pour l’une comme pour l’autre. Finalement Christian choisit de revenir vers elle. Cette fois, ils vont choisir de recommencer ensemble en prenant des précautions. Ce n’est plus un amour contractuel. C’est l’amour parce qu’ils s’aiment et veulent se donner une chance. Ce deuxième tome peut aussi être nommé « descente aux enfers », car Anastasia va découvrir ce qui ronge réellement Christian. Sans compter que la présence de certaines personnes du passé de son amoureux, vont quelques fois mettre Ana en boule. La peur de Christian qui lui pose tous les jours la question « Ana vas tu me quitter ? ». Et la constance d'Ana dans sa réponse : « Jamais je ne te quitterai ».

Christian a peur. Il a peur et cette peur, il la traîne depuis son enfance : il a peur de s’attacher et de perdre l’objet de son amour. Pour ne pas laisser partir Ana et parce qu’il l’aime, il va la demander en mariage.

Tome 3- Cinquante nuances plus claires

Comme l’indique le titre, c’est une page où, malgré les difficultés qui vont se présenter, la vie va paraître plus claire. Christian va se libérer définitivement. Ils vont se marier. Ils vont avoir des enfants ensemble. Ce sera le bonheur. Une belle fin.

Christian Grey : une personnalité mitigée.

Christian Grey a tout pour plaire à une femme Argent : Il est riche et possède plusieurs actions. Il a environ six propriétés. Il possède un jet, un bateau, un hélico…

Beauté : Christian est beau : « Il sourit, découvrant des dents si blanches et parfaites que j’en ai le souffle coupé. Il est vraiment beau. Personne ne devrait avoir le droit d’être aussi beau », pense Ana quand elle le rencontre pour la première fois. (Tome 1).

Intelligent et cultivé : Il a étudié à Harvard et l’a quitté par lui-même. Il possède une bibliothèque impressionnante.

Philanthropie : Christian contribue pour le bien-être de ceux qui n’ont rien : « On ne peut pas manger l’argent, mademoiselle Steele. Et il y a trop de gens sur cette planète qui n’ont pas de quoi manger. »  (Tome 1). Il pilote des avions et des navires. Il est un bon parti. Il fait fondre le cœur de toutes les femmes qu’il rencontre. Un cœur à prendre. Jusqu’à ce qu’il ne rencontre Ana, on ne l’a jamais vu avec une fille. Certains pensent qu’il est Gay. Mais on ne l’a jamais non plus vu avec un homme dont on pourrait soupçonner l’existence d’une sorte de relation amoureuse. Son entourage, ses parents et surtout les médias s’en inquiètent.

Ana, partie pour l’interviewer va oser poser la question : « êtes vous gay Monsieur Grey ? » (tome1)

Christian a une manie : il aime exercer le contrôle sur tout. Christian a une phobie : qu’on touche à son corps. Christian a une idée obsessionnelle : tout le monde doit manger à tout prix. Christian a une inquiétude qui tourne à l’obsession : la peur de voir l’objet de son amour partir. C’est à travers ce caractère particulier qu’Ana va essayer de découvrir qui il est réellement et pourquoi il couve autant de phobies. Il faudra du temps. De la patience pour que Christian arrive à se confier. Seul l’amour lui fera ouvrir son cœur. Lui qui n’a jamais aimé sait désormais que ce qu’il ressent pour Ana n’est pas simplement une attraction physique. Pour ne pas la perdre, et si dire la vérité est la condition de l’exercice de son amour, il la dira cette vérité. Même s’il craint de voir Anna partir.

Christian obscur : froid, glacial, dominant, impassible, sado-machiste (il se définit ainsi.). Il passe souvent de la joie à la tristesse ou à la colère. Quelques fois il adopte un silence qui peut mettre mal à l’aise ceux qui sont avec lui. Christian possessif :

" -Je veux que tout le monde sache que tu es à moi. -Mais je suis à toi ! Regarde ! Je brandis ma main pour lui montrer mon alliance et ma bague de fiançailles.

-Ça n’est pas suffisant.

-Ça n’est pas suffisant de t’avoir épousé ? (…)

-Ce n’est pas ce que je veux dire.

-Alors qu’est-ce que tu veux dire, au juste ? Il déglutit. -Je veux que ton univers commence et se termine avec moi »  (tome 3)"

C’est de son ancienne vie que lui viennent toutes ses obsessions et toutes ses phobies.

Les personnalités qui ont retenu mon attention dans cette trilogie :

Anastasia Steele : Amoureuse et femme de caractère. Il faut ce mélange de candeur, de grandeur et de souveraineté que possède Anna pour pouvoir porter l’amour de Christian. Elle ne se laisse pas faire même si elle sait qu’elle l’aime beaucoup. Elle se fout qu’il soit hyper riche. Ce qui compte, c’est l’amour et sa volonté à vouloir que Christian s’ouvre et progresse. Pour cela s’il faut de temps en temps paraître dure, elle le paraît. Intello et intelligente. Lors de leur première rencontre, au fond de lui Christian la qualifie : « Un concentré de contradictions : gênée, empotée, mais manifestement intelligente et follement excitante…et bandante »  (Tome III)

Mrs Robinsons : L'obscure. De son vrai nom Mme Lincoln Elena, Elle a un penchant pour les relations violentes et brutales. C’est à cela qu’elle va initier Christian (âgé de 15 ans) déjà meurtri et instable psychologiquement. Elle va devenir le centre de son univers. Il ne jurera plus que par elle. Il va y prendre goût et va exercer sa violence et sa pression sur des femmes qu’il appellera « ses soumises ». Il croira y trouver la paix, mais ce sera juste une sorte de défoulement pour un moment. Ana l’appelle quelques fois « sorcière ».

Kate Kavanagh : Amie d’Ana. Surprotectrice et tenace. Indémontable. Celle qui est toujours là et qui n’hésite pas à proférer des menaces à Christian si elle touche à l’un des cheveux de sa meilleure amie.

Taylor : Le serviteur fidèle. Taylor par-ci, Taylor par-là ! Voici une personnalité qui de prime abord émeut Ana. Habitué à vivre dans la simplicité, elle préfère qu’on l’appelle Ana. Elle cherche une proximité. Mais Taylor préfère l’appeler « Madame ». Il est serviteur et sait que le serviteur ne prend jamais la place du maître. Aucune affinité n’est possible avec le maître. Taylor, discret comme une fourmi et présent partout, ferait tout pour son maître. Taylor parle beaucoup avec son regard.

José : L’amoureux éternel Dans la vie, il y a des hommes qui vous aiment. Ils vous aiment simplement. Lorsqu’ils se rendent compte que vous ne les aimez pas comme eux ils vous aiment, ils continuent de vous aimer. Pour eux l’amour qu’ils portent est plus que tout. Le socle de votre amitié en quelque sorte. En aucun cas, ils n'accepteront que l’on vous fasse du mal. Tel est José, l’ami d’Ana.

Quelle leçon tirer de la lecture de ce roman ?

-On peut jamais imaginer à quel point la vie instable des parents peut détruire celle de leurs enfants jusqu’à la fin de leur vie. S’ils ne trouvent pas une solution.

-L’amour est un excellent remède. C’est l’amour d’Ana qui a guéri Christian. Épouser Ana, dit-il, est la meilleure décision qu’il a prise dans sa vie.

- L’estime de soi est importante depuis l’enfance : « Quand on grandit avec une image de soi totalement négative, qu’on a l’impression d’être laissé-pour-compte, un sauvage qui ne mérite pas d’être aimé…On pense qu’on mérite d’être battu » affirme Christian à Ana…

J’ai beaucoup aimé cette trilogie. Elle a une belle fin. Celle que je souhaitais de tout mon cœur : Ils se marièrent et ils eurent deux d’enfants. Tout au long de ma lecture, je me suis dit que Christian méritait une meilleure vie. Une vie qui ne se limite pas seulement à vivre au milieu des ors. Mais une vie toute simple, faite d’amours et d’estime de soi. On ne peut pas aimer l’autre si on ne s’aime pas.

El James est l’auteur de cette trilogie : Ancienne productrice de télévision, mariée et mère de deux enfants, elle vit actuellement à Londres. Elle rêvait depuis sa plus tendre enfance d’écrire des récits dont les lecteurs tomberaient amoureux. Je pense qu’elle a réussi son pari.

Nathasha Pemba

 

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