Contre l'oubli de Ramen Sawmynaden

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Contre l’oubli est la chronique d’un dérapage politico-judiciaire qui n’a rien d’une fiction. Elle est publiée aux Éditions la Doxa en 2017. Dans ce livre de plus de 400 pages, l’auteur poursuit un but : rétablir la Vérité.

La magouille qu’il dénonce a commencé en 1997, lorsqu’en face d’une situation de corruption le Président de la République de l’Île Maurice a institué une commission d’enquête dont la mission serait d’examiner les conditions dans lesquelles ont été passés certains contrats entre la police et certaines entreprises bien identifiées de Maurice.

Cette histoire qui évolue au fil des pages dévoile une société trempée non seulement dans la corruption, mais aussi corruptrice, diffamatoire et destructrice. Elle amène le narrateur et sa famille à faire l’expérience de l’injustice de la justice. La différence de traitement de situation selon les personnes paraît révoltante aux yeux du narrateur car il se rend compte que dans ce monde lorsqu’on ne donne pas des pots de vin ou lorsque l’on n’est pas un membre politique influent, il est souvent difficile de s’en sortir. C'est pourquoi en écrivant ce livre, il pense particulièrement aux personnes qui sont victimes de l'injustice dans le monde et qui n'ont pas l'occasion de se défendre: "Je veux montrer l’absence totale de rigueur et l’injustice criante du traitement dont nous avons été victimes ".

La corruption ignore les frontières. Corrupteurs et corrompus sont partout.

 

Cette situation difficile que traverse le narrateur le rapproche de sa famille. Il évoque le souvenir de son enfance et des liens de proximités avec ceux qui deviendront plus tard ses beaux-parents. Il rappelle la bonté de son beau-père.

 

À l’escalier où habitait mon père, et où j’ai passé mon enfance entre des baraques couvertes de chaume et des sols de terre battue, j’avais déjà vu la dureté dont certains hommes étaient capables envers leurs semblables. (…) C’est lors de cet apprentissage de la vie dans un environnement difficile que s’est dessinée la personnalité de mon beau-père. (…) Il est généreux. Il incarne bien à mes yeux le désir de donner aux siens tout ce qu’il peut leur offrir.

 

 

Mon point de vue :

Écrit pour un cadre précis et dans un contexte bien déterminé ce livre est un livre sur l’espoir. Il s’adresse à l’humain pour lui rappeler que tant qu’on vit on n’est jamais à l’abri de la surprise positive. L’espoir est toujours au coin. Le foot lui donne la force de continuer à se battre, de faire comme Beckham  au cours d’un match dans le but de redresser cette situation qui le désespère. Il s’inspire des principes de l’engagement total et du fairplay. Désormais il veut lutter, transmettre l’espérance car tant que l’arbitre n’a pas encore sifflé la fin du match, rien n’est perdu.

L’homme quelque part, finit toujours par combattre l’injustice à sa manière. L’esclavage a été aboli, le colonialisme n’a pas perduré. L’apartheid a été jeté aux orties par Nelson Mandela et avec lui, par les héritiers de ceux-là même qui l’avaient instauré.

Ce livre est un livre intime. Je le recommande à tous ceux qui vivent des situations de rejet par la société ou par la justice. Certaines situations décrites peuvent être des lumières pour décider de l'orientation de sa vie.

 

Références:

Ramen Sawmynaden, Contre l'oubli, chronique d'un dérapage politico-judiciaire, Rungis, La Doxa, 2017.

 

Nathasha Pemba

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