Festival International Kimoko: Sept questions à Huguette Nganga Massanga

Publié le par Nathasha Pemba

Bonjour Huguette. Quelques mots sur les Initiateurs du Festival International Kimoko...

 

Le Festival International KIMOKO (FIK) a été créé en 2004 à Pointe-Noire par un groupe d’artistes et d’amoureux de la culture. Parmi eux Jehf Biyeri, Selma Mayala, Chardin Nkala… Ils ont été rejoints en 2010 par Florès GNALI et Huguette NGANGA MASSANGA. Depuis 3 ans, nous avons un groupe de jeunes bénévoles qui travaillent avec le Comité d’organisation pour les occuper une partie des vacances, mais aussi leur donner envie de découvrir les métiers artistiques que nous faisons valoir. Nous préparons en quelque sorte la relève.

 

Pourquoi Kimoko ?

 

KIMOKO veut dire la causerie en kituba, langue nationale du Congo-Brazzaville. Ce mot renvoie également à l’idée d’échange et du dialogue. Pour les initiateurs, l’idée était de créer un espace d’échange entre artistes et avec un public amoureux des arts de la scène. Ce festival a donc pour objectif de créer des synergies entre artistes pour la promotion des arts de la scène. Il se veut un espace de rencontre entre les artistes et le public ponténégrin par des ateliers, des table-rondes, des spectacles d’une qualité indéniable et gratuits pour permette à toutes les couches sociales d’en profiter.

 

Les fonds d'organisation viennent des fonds propres ou bien, est-ce une subvention de l'État ?

 

Le Festival International Kimoko ne bénéficie d’aucune subvention de l’Etat à ce jour. Il et organisé grâce à la générosité de l’équipe d’organisation, des artistes (qui vendent leurs spectacles à moindre coût, par solidarité) des sponsors et donateurs privés.

 

Quel est l'impact du FIK dans le domaine de la culture ?

 

Le FIK a un impact considérable au niveau culturel congolais parce que c’est désormais un rendez-vous connu au niveau du pays et particulièrement à Pointe-Noire. Le théâtre, le conte, le ballet-théâtre, la danse contemporaine et la musique de recherche ont un rôle d’éducation et de divertissement. La particularité de ces arts est de raconter des histoires, relater des faits d’une certaine manière, de passer un message, à travers des spectacles de tous genres. Pour cela, le thème de cette édition est : « Théâtre et puissance de création ». Au bout de 13 ans et de 10 éditions, le FIK a vu grandir son public de manière progressive. Il participe à la formation artistique, aussi bien des jeunes et enfants que des artistes avec les ateliers gratuits (théâtre, conte, marionnettes, écriture dramatique…). Il permet d’offrir des moments de divertissement durant une semaine aux populations qui n’ont pas souvent de telles occasions. Le FIK concrétise la rencontre entre des artistes venus de partout et qui se retrouvent à Pointe-Noire, quelques fois pour la première fois. Ceci permet de créer des connivences et des projets futurs. Mais aussi de concrétiser l’idée de la solidarité entre artistes autour d’un festival. Un grand nom de la culture qui est invité soutient le festival en collant y son image et sa notoriété. Celui-ci reçoit de la part du festival, l’ouverture à un public, un pays et un projet qui a du potentiel.

 

​​​​​​​Quelle place le théâtre occupe-t-il dans la société ponténégrine en particulier et congolaise en général ?

 

A travers les arts de la scène, le FIK veut participer au bien-être des peuples. Le théâtre notamment a toujours occupé l’espace culturel congolais. Il y a eu des moments plus fastes que d’autres, mais le Congo et la ville de Pointe-Noire, ont toujours été marqué par des troupes et compagnies de théâtre qu’on pouvait trouver sur divers espaces (entreprises, paroisses, écoles, quartiers…). Le ballet-théâtre qu’on appelle ngakatours ont toujours fait danser le public ponténégrin. Bien sûr, ils tendent à disparaitre, mais le FIK, essaie de garder la flamme de ces groupes particuliers, chaque fois qu’il en découvre un qui renait ou subsiste. Bien sûr, il y a une ouverture vers des genres plus modernes comme la danse contemporaine et la musique de recherche.

 

Quelles sont les activités proposées par le FIK ?

 

Le FIK propose des ateliers de formation, des spectacles et des moments plus informels (scènes libres) durant lesquels des artistes qui ne sont pas dans la programmation, peuvent s’exprimer et se présenter au public. Kimoko œuvre aussi à la promotion de la ville de Pointe-Noire, en offrant aux artistes des moments découverte à travers les routes de Pointe-Noire et du Kouilou. Cette année, le Fik célèbre sa 10ème édition. Pour cela, nous avons voulu mettre en avant cette rencontre entre les artistes avec des noms comme Gabriel KINSA (Congo/France), Omar DEFUNZU (Gabon), Olivier NGOUNDE et Valéry NDONGO (Cameroun) et des artistes congolais (Germaine OLOLO, Amanda BAYE, Orlande ZOLA, Michaël THAMSY, Selma MAYALA, Jehf BIYERI…)

 

Un message pour nos lecteurs ?

Notre message pour le public est de leur demander de venir nombreux aux spectacles. Tout est gratuit sur tous les espaces et l’entré est totalement libre. Nous ferons vibrer Pointe-Noire durant 6 jours de 9H-minuit, au son de divers spectacles. Que les artistes qui vivent à Pointe-Noire ou qui sont de passage n’hésitent pas à se joindre à nous au village du festival, tous les soirs après les spectacles prévus au programme. Ils pourront ainsi animer ces moments de scène libre et ainsi prolonger la fête dans une atmosphère détendue.

Propos recueillis par Nathasha Pemba

Le Sanctuaire de Pénélope

Publié dans Rencontres

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