La minute philosophique: l'idée de réciprocité

Publié le par Nathasha Pemba

Dans l'idée de réciprocité, il n'y a ni grands ni petits, ni dominateurs ni dominés. On vit une relation humaine équilibrée où l'autre a sa place et où j'ai aussi ma place. Dans beaucoup de relations, quelques fois l'un des amis ou encore l'époux ou l'épouse crée un univers de soumission ou de domination qui n'a pas de sens. C'est pourquoi, dans chaque relation humaine, il faut toujours savoir distinguer la soumission du respect. Un ami qui tyrannise son semblable ne le considère pas comme un égal.

Il en est de même d'un frère envers son jeune frère ou un oncle envers son neveu ou sa nièce.

Le oui de l'amitié ou du mariage, par exemple, implique nécessairement la réciprocité. On est dans et avec l'autre. De ce fait, on n'est pas au service de l'autre. La relation humaine est par essence libre. Lorsqu'il est est question des relations, mon regard se tourne toujours vers Bachelard qui, commentant "Je et tu" de Buber a écrit: "Au commencement est la relation". Voici une vérité incontestable et évidente qui déboussole toute tendance égocentrique.

De nos jours, il y a encore certaines personnes qui pensent que certains attributs leur donnent le pouvoir sur autrui. Il y a la jalousie, la rivalité, le désir de dominer, le mépris. Il y a ce désir en nous de nous prendre pour le centre du monde. Croyant être libres, nous sacrifions sur l'autel de notre suffisance à la fois notre liberté et notre sens humain. La grandeur n'a de sens qu'en fonction de la petitesse. C'est l'humilité qui donne du sens à la grandeur. Être humain est un privilège... Il ne faut jamais l'oublier.

Voilà ce qu'écrit encore Bachelard: "La réciprocité n'apparaît vraiment que sur l'axe ou oscille, où vibre, le je-tu...L'être rencontré se soucie de moi comme je me soucie de lui; il espère en moi comme j'espère en lui. Je le crée en tant que personne dans le temps même où il me crée en tant que personne... Il faut dire "tu" pour dire nous... Oeil pour oeil, souffle pour souffle, âme pour âme. Je te vois et je comprends, donc nous sommes des âmes...Le "Je" n'arrive pas à Dieu en évitant le "tu"...Le je est responsable du tu et le tu est responsable du je (Préface de Gaston Bachelard)

 

Nathasha Pemba

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Angelilie 05/03/2017 14:21

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement. au plaisir

Nathasha Pemba 05/03/2017 18:19

Merci AngeLilie. Au plaisir. N.

Destin Mahulolo 03/03/2017 08:15

Beau texte. Le sanctuaire est le lieu de la consécration de l'amitié où un je se désapproprie pour la survie d'un tu aussi prêt à taire son je pour que se joue facilement le jeu de l'altérité et de la réciprocité dans la vérité. Le va-et-vient entre le je et le tue se fait canal de vie qui draine dans son sillage toutes ces volontés qui acceptent de faire une place à l'autre. Chaque vis-à-vis devient alors un sanctuaire, lieu de rencontre avec le Transcendant, lieu où je me rencontre avec moi-même, lieu où en rencontrant l'autre, je contemple dans son visage les multiples faces et facettes du monde, ses joies et ses peines, ses angoisses et est espoirs. Ainsi, je deviens moi aussi sanctuaire où les autres pourront accéder au Transcendant. La vocation humaine est là: devenir sanctuaire

Nathasha Pemba 03/03/2017 17:33

Très bel apport Destin. Rien à dire. Merci de continuer à nous donner la force de continuer.

buvardjoyeux 02/03/2017 12:02

Texte très inspirant. Le Sanctuaire est aussi pour moi un espace intérieur, un lieu de transcendance, un lieu qui peut être visualisé, habité, visité et modifié à loisir, au grès de nos explorations méditatives. Le Sanctuaire Intérieur peut se nourrir de toutes nos expériences sensitives et émotionnelles, chaque fois que nous prenons refuge au sein d'un lieu virtuel ou non virtuel, qu'il soit pur objet de visualisation positive ou bien physiquement incarné dans un environnement naturel ou créé par l'homme. La proximité d'un être unique ou multiple, protecteur et émancipateur, cela peut aussi nous tenir lieu de sanctuaire.

Nathasha Pemba 02/03/2017 12:29

Merci très cher BuvardJoyeux. Je suis heureuse de vous accueillir sur ce blog qui est notre lieu de rencontre à tous. Jusqu'à un certain âge, j'ai toujours considéré le mot sanctuaire comme véritable lieu intérieur. Cela je le dois à mon père. Il a toujours considéré notre espace de discussion familiale comme un sanctuaire. Avec le temps, et selon mes multiples expériences de rencontres, j'ai compris sa vocation de transcendance et de source. Il est aussi la source. Et j'aime beaucoup ce que vous dites "Le sanctuaire Intérieur peut se nourrir de toutes nos expériences sensitives et émotionnelles". C'est exactement cela. Et l'image de la nourriture est très importante, parce que celui qui ne se nourrit pas se meurt à petit feu et finit par disparaître, car même le jeûne demeure toujours circonscrit. Merci aussi pour le clin d'oeil à l'altérité. Je vis aves les autres, je lis Buber, je ne vois pas comment Je peut exister sans Tu. Bon séjour au Sanctuaire.