Identité culturelle?" La précision de vocabulaire demandée (…) à propos

Publié le par Pénélope MAVOUNGOU

Identité culturelle?

" La précision de vocabulaire demandée (…) à propos su mot "culture n'est pas uniquement du purisme. Elle implique en effet que l'on soumette l'expression répandue d'"identité culturelle" à un examen plus approfondi. Et, en particulier, que l'on se demande en quels sens ce que l'on entend le plus souvent par le mérite et le respect. Si le mot "culture", renvoie, conformément à son sens originel, à l'effort personnel pour s'ennoblir l'esprit en s'élevant jusqu'à un modèle classique, il indique un enrichissement de l'identité de celui qui accepte de prendre sur soi un tel effort. Dans ce sas, l'identité culturelle mérite que rejaillisse sur elle un peu de ce respect au sens le plus fort dont seule personne peut bénéficier. Ce sera d'ailleurs parce que la culture aura été intégrée à la personne qu'elle sera devenue personne. En revanche, il arrive souvent que l'on se serve du terme de de "culture" pour désigner plutôt le poids de 'appartenance, le lest de tout ce qui n'est pas choisi mais subi. Auquel cas on peut éprouver pour cette "culture" tout au plus de la sympathie polie, mais jamais de vrai respect. On pourra respecter, non la culture elle-même, mais les personnes qui en sont porteuses, et plutôt malgré elle qu'à cause d'elle. En ce sens, affirmer une "identité culturelle" de ce genre pourra être une réaction excusable, surtout si elle vient d'une minorité qui, perdue au sein d'une masse hétérogène, se sent menacée par elle. Mais aucune culture ne saurait revendiquer la dignité qui est celle de la personne. Et il arrive que cette dignité doive être défendue contre une culture qui la brime, et contre la tentation de retrouver ses racines de retrouver ses racines (…) de régresser vers la stupide immobilité du végétal" 

Extraits de "Europe la voie romaine", PP 178-179 Rémi Brague

Identité culturelle? " La précision de vocabulaire demandée (…) à propos su mot "culture n'est pas uniquement du purisme. Elle implique en effet que l'on soumette l'expression répandue d'"identité culturelle" à un examen plus approfondi. Et, en particulier, que l'on se demande en quels sens ce que l'on entend le plus souvent par le mérite et le respect. Si le mot "culture", renvoie, conformément à son sens originel, à l'effort personnel pour s'ennoblir l'esprit en s'élevant jusqu'à un modèle classique, il indique un enrichissement de l'identité de celui qui accepte de prendre sur soi un tel effort. Dans ce sas, l'identité culturelle mérite que rejaillisse sur elle un peu de ce respect au sens le plus fort dont seule personne peut bénéficier. Ce sera d'ailleurs parce que la culture aura été intégrée à la personne qu'elle sera devenue personne. En revanche, il arrive souvent que l'on se serve du terme de de "culture" pour désigner plutôt le poids de 'appartenance, le lest de tout ce qui n'est pas choisi mais subi. Auquel cas on peut éprouver pour cette "culture" tout au plus de la sympathie polie, mais jamais de vrai respect. On pourra respecter, non la culture elle-même, mais les personnes qui en sont porteuses, et plutôt malgré elle qu'à cause d'elle. En ce sens, affirmer une "identité culturelle" de ce genre pourra être une réaction excusable, surtout si elle vient d'une minorité qui, perdue au sein d'une masse hétérogène, se sent menacée par elle. Mais aucune culture ne saurait revendiquer la dignité qui est celle de la personne. Et il arrive que cette dignité doive être défendue contre une culture qui la brime, et contre la tentation de retrouver ses racines de retrouver ses racines (…) de régresser vers la stupide immobilité du végétal" Extraits de "Europe la voie romaine", PP 178-179 Rémi Brague

Publié dans visions du monde

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