"Éduquer ou périr", Message des évêque du Congo.

Publié le par Pénélope MAVOUNGOU

«Eduquer ou périr!». Voilà le cri d’un illustre historien africain, Joseph Ki-Zerbo. Ce cri inscrit le débat sur l’éducation comme faisant partie de l’histoire des cultures, des sociétés et de l’humanité. C’est pourquoi, l’extrême importance de cette question dans la mission de l’Eglise exige de sa part une réflexion attentive, permanente et renouvelée. Dans cette perspective, il s’est tenu du 1er au 4 février 2013, à Brazzaville, une Semaine sociale1 sur les problèmes et les injustices qui minent notre système éducatif. Le constat est préoccupant et interpelle la responsabilité de la communauté nationale".

(…)

Malheureusement, les maux qui minent notre système éducatif sont nombreux. Ce constat a été fait au sommet de l’Etat en ces termes: «le système éducatif congolais qui, pendant longtemps, a été un des creusets de pédagogie et de formation d’Afrique, atteignant dans son régime de croisière, un taux de scolarisation de 99%, s’est brutalement effondré des suites des choix souvent inadaptés. Ces mauvais choix, nous devons le reconnaître, ont engendré de graves dysfonctionnements que nous nous efforçons de corriger. Ces dysfonctionnements ont pour noms: - Sous-équipements des établissements scolaires - Dégradation des infrastructures - Pléthore des effectifs - Baisse de niveau - Diminution des financements, j’en passe»

(…)

"Aussi, parce que «l’éducation est un droit fondamental de l’être humain. Elle est la clef du développement durable ainsi que de la paix et de la stabilité à l’intérieur des pays. Elle constitue donc un moyen indispensable d’une participation effective à l’économie et à la vie des sociétés du XXIe siècle, qui témoignent d’une globalisation rapide. La réalisation des buts de l’éducation pour tous ne saurait être différée plus longtemps. Il est possible et nécessaire de répondre d’urgence aux besoins éducatifs fondamentaux de tous"

(…)

L’éducation nationale devrait constituer une priorité pour le pays. De ce fait, elle requiert une pluralité d’acteurs, l’implication de tous: gouvernements, enseignants, syndicats, société civile, associations, Eglises… Bien plus, elle nécessite une mobilisation de toute la société, un dialogue et des stratégies nationales. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre notre démarche, notre prise de position qui se veut une contribution pour une réforme du système éducatif. L’Eglise, en effet, très soucieuse de l’avenir du pays, invite à une remise en cause des pratiques et des politiques actuelles.

Les évêques du Congo.

Publié dans Engagements

Commenter cet article